Harcèlement dans les transports : « La communication s’adresse d’abord aux victimes, et jamais aux agresseurs »Frédéric Robert, du collectif Zéromacho, s’est félicité lundi sur franceinfo du lancement en Île-de-France d’une campagne contre le harcèlement sexuel dans les transports en commun et a estimé qu’il y a « un écart délirant entre les déclarations des femmes et la perception des hommes, qui en général ne voient pas ce harcèlement. »Des affiches contre le harcèlement sexuel dans les transports publics, à Paris, le 5 mars 2018. (MAXPPP)franceinfoRadio FranceMis à jour le 05/03/2018 | 15:12publié le 05/03/2018 | 14:57PARTAGERPartagerTwitterPartagerEnvoyerLA NEWSLETTER ACTUNous la préparons pour vous chaque matin il y a 15 minutesAvec ses menaces de frappes en Syrie, Donald Trump veut « s’en prendre à la logistique des armes » du régimeZéromacho soutient le lancement de la campagne d’information et du numéro d’alerte unique contre le harcèlement sexuel dans les transports en commun en Île-de-France. Frédéric Robert, membre du collectif Zéromacho, a toutefois regretté lundi 5 mars que « la communication s’adresse d’abord aux victimes, et jamais aux agresseurs ». Il a aussi insisté sur la perception que les hommes ont du harcèlement. Selon lui, « il y a un écart délirant entre les déclarations des femmes et la perception des hommes, qui en général ne voient pas ce harcèlement. »franceinfo : La SNCF et la RATP n’avaient pas encore réalisé l’ampleur de ce problème ?Frédéric Robert : Si, on le savait, la SNCF et la RATP également. Ce n’est pas la première campagne qui est mise en place sur ce modèle. Le grand changement depuis quelques mois c’est que la parole des femmes est prise au sérieux. Les oreilles se sont ouvertes. Néanmoins, et c’est la même problématique sur le viol, les agresseurs sont un peu dans l’angle mort en terme de communication. Ce sont les seuls types de délits ou de crimes pour lesquels la communication s’adresse d’abord aux victimes, et jamais aux agresseurs. Un peu comme si dans une campagne sur les accidents de la route on s’adressait toujours aux victimes et jamais aux gens qui conduisent bourrés.Y a-t-il un vrai problème de déclaration de ces faits de harcèlement ?Il y a un comportement général à avoir. Moi je prends le métro plusieurs fois par jour, je n’ai jamais vu ces frotteurs, et pourtant il y en a. Il y a un écart délirant entre les déclarations des femmes et la perception des hommes, qui en général ne voient pas ce harcèlement. On a essayé de mesurer les quelques actions qu’un homme plein de savoir-vivre et de bonne volonté doit effectuer dans les transports en commun. Il faut sortir de cette habitude du chevalier, et ne pas chercher à défendre les femmes à leur place, mais plutôt aller voir les femmes qui ont subi une agression ou qui sont dans une situation vulnérable en leur proposant de l’aide. Et ne pas hésiter, quand on assiste à une agression, à proposer d’être témoin et d’accompagner la plaignante éventuelle devant les autorités.Que pensez-vous des applications et numéros de téléphones dédiés à la déclaration de harcèlement ?Il faut poser la question aux femmes. Dans le cadre d’une agression dans les transports, on parle souvent de la foule qui n’est pas intervenue. On croit souvent que c’est par indifférence. Pas du tout. Il s’agit plutôt d’un effet de sidération. Les gens sont paralysés par ce qu’ils ont vu. Ce qui compte c’est la première personne à intervenir, qui emmène tout le monde derrière elle. Il ne faut pas hésiter. On a tous été confrontés à une situation de violence dans l’espace commun, et dans laquelle on n’ose pas intervenir. Soit parce que les autres ne bougent pas, qu’on ne sait pas quoi faire, ou qu’on a peur d’envenimer les choses. Il faut maintenant passer à l’action, et que nous les hommes acceptions d’intervenir activement.La loi est-elle suffisante telle qu’elle est ?Je ne sais pas si elle est suffisante, mais en tout cas elle est sous-utilisée. Il y a une prise de conscience des hommes en ce moment, puisque les femmes ne découvrent pas le harcèlement. Les hommes doivent changer, doivent accepter cette responsabilité. On ne peut plus se contenter d’être indifférent ou de laisser faire, il faut passer à l’action.A LIRE AUSSI

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