Les inégalités femmes-hommes en 12 chiffres et 6 graphiquesViolences, disparités salariales, persistances culturelles : à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, nous faisons le point sur les inégalités.LE MONDE | 07.03.2017 à 17h52 • Mis à jour le 27.07.2017 à 20h46 |Par Anne-Aël DurandAbonnez vous à partir de 1 € Réagir AjouterPartager (10 048)TweeterA l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, Les Décodeurs font le point sur les discriminations et inégalités constatées entre les hommes et les femmes, dont voici quelques exemples (non exhaustifs).Les femmes en première ligne face aux violences conjugales et sexuelles122 FEMMES TUÉES EN 2015Les violences conjugales restent une triste réalité en France : en 2015, 122 femmes ont été tuées par leur conjoint, contre 22 hommes, selon la délégation aux victimes du ministère de l’intérieur. Une étude réalisée l’année précédente montrait que parmi les 65 000 faits de violence volontaire non mortelle constatée par les forces de l’ordre au sein du couple, près de 60 000 victimes étaient des femmes.UNE FEMME SUR SEPT AGRESSÉE SEXUELLEMENTAu cours de leur vie, 14,5 % des femmes déclarent avoir vécu au moins une forme d’agression sexuelle, contre seulement 3,9 % des hommes, selon l’enquête Virage (Violences et rapports de genre) réalisée par l’Institut national d’étude démographique (INED). Sur la seule année 2015, 580 000 femmes déclarent avoir été agressées sexuellement, contre 197 000 hommes. Le décalage est encore beaucoup plus net pour les viols et tentatives de viols, où seuls 4 % des faits concernent des hommes (62 000 femmes pour 2 700 hommes).14 % DE PLAINTESCes violences sont encore taboues, puisque seules 14 % des femmes victimes de violences physiques ou sexuelles au sein de leur couple osent porter plainte.Autre violence physique souvent cachée, l’excision féminine concernait environ 53 000 femmes en France, selon une enquête de l’INED remontant à 2004. On estime désormais que le nombre de victimes de ces mutilations s’élève à 60 000 environ.Salaires, retraites : des inégalités à tout âge« A travail égal, salaire égal. » Cette revendication, pourtant inscrite dans la loi, est loin d’être une réalité.24 % D’ÉCART DE SALAIRELe revenu salarial des femmes est inférieur de 24 % à celui des hommes en 2014, selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Si les inégalités se réduisent légèrement (elles étaient de 27 % en 1995), elles restent très marquées parmi les cadres et les hauts revenus.Ecarts de rémunération moyenne entre femmes et hommes selon la catégorie socioprofessionnelleDans le privé et les entreprises publiques, pour un temps plein, en brut.01000200030004000500060007000HommesFemmesMoyenneCadresProfessionsintermédiairesEmployésOuvriersOuvriers● Femmes: 1 889 eurosSOURCE : INSEE9,9 % DE « DISCRIMINATION PURE »Une partie de l’écart salarial s’explique par le recours plus fréquent au temps partiel et aux emplois moins valorisés : 44,8 % des emplois féminins sont concentrés dans quelques secteurs peu rémunérateurs, comme l’administration publique, la santé, l’enseignement ou l’action sociale, selon l’Insee. Pourtant lorsque l’on compare les rémunérations à conditions équivalentes (secteur, temps plein, âge, etc.), il reste un écart de 9,9 % qui constitue une « discrimination pure ».DES DÉCALAGES DÈS LE DIPLÔMECes inégalités sont d’autant plus étranges qu’à l’école, les filles ont de meilleurs résultats scolaires que les garçons. Parmi les jeunes générations, elles sont plus éduquées : 31,3 % des femmes de 25 ans à 34 ans ont un diplôme supérieur à bac + 3, contre seulement 26,4 % des hommes. Pour la première fois en 2013, 49 % des cadres entrant sur le marché du travail sont des femmes. Pourtant, des différences de salaire sont constatées dès l’obtention du diplôme : les diplômées de Sciences Po sont payées 28 % de moins que leurs condisciples masculins.42 % D’ÉCART DANS LES DROITS À LA RETRAITELes discriminations constatées en début de carrière sont encore plus nettes à l’issue de la vie active. En raison des différences de carrières, les femmes partent en moyenne à la retraite un an plus tard que les hommes, avec des droits à la retraite inférieurs de 42 %. L’Insee note toutefois que les droits conjugaux et familiaux (pension de reversion, par exemple) permettent de réduire cet écart à 26 % en moyenne.Le poids inégal de l’organisation familialeUne partie des écarts salariaux sont la conséquence des inégalités persistantes dans l’organisation familiale.33 % DE TEMPS PARTIEL PARMI LES MÈRESLes femmes subissent davantage les contraintes des enfants au niveau professionnel : seules 72 % des mères de famille ont un travail, contre 85 % des pères, et parmi ces dernières, un tiers (33 %) travaille à temps partiel, contre seulement 4 % des pères en moyenne.Plus de 44 % des mères de familles nombreuses travaillent à temps partiel, contre 5 % des pèresTemps de travail selon le sexe et le

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