La journée internationale des luttes des femmes pour leurs droits du 8 mars 2018 restera-t-elle, dans l’histoire des femmes et du féminisme, comme une avancée majeure pour les droits des femmes ?

Rappelons que cette journée est intitulée par l’ONU et par la Fance  » la journée internationale des femmes « . Il nous semble donc réducteur de parer de journée des droits ou des luttes même si c’est exact et indispensable car c’est une formulation   relativement récente  des politiques (que ça arrange) et des journalistes (qui ne connaissent pas bien le féminisme ) ; journée des femmes est plus large et émancipateur, nous n’avons pas seulement besoin de droits mais de liberté pour exister en tant que femmes.

Cette année, c’est tout le mois de mars qui est mis à contribution. Chaque jour et même plusieurs fois par jour, l’ensemble des médias, (journaux, télévisions, réseaux sociaux) parle « des femmes ». A la télévision, dans les journaux, dans les magazines il y a pléthore de reportages, d’interviews, de documentaires, d’initiatives prises à l’occasion de la journée du 8 mars. Partout en France, dans les villes et dans les campagnes, il se passe quelque chose. Ici des réunions pour débattre de la place des femmes, là une pièce de théâtre, un agenda n’y suffit plus pour noter, enregistrer tout ce qui va se passer, pouvoir y participer, et pouvoir dire, peut-être, dans quelques années : « J’y étais ! ».

Mais, j’étais où ? Pour quoi j’y étais ? Pour qui ? Vastes questions, mais questions légitimes. La question est posée dans les informations de TV5 Monde : Le 8 mars, une journée internationale des droits des femmes, mais pour quoi faire ?

En France, celles (et ceux peu nombreux certes, mais là !) qui étaient dans les rues ce 8 mars 2018, en grève ou pas étaient déterminées à faire entendre leur voix et leur détermination pour obtenir, enfin, l’égalité des droits femmes/hommes et crier haut et fort que «  Journée internationale des droits des femmes » et « Journée de la femme » ça ne veut pas dire la même chose.

Ne l’oublions pas, le 8 mars est aussi une journée internationale pour les droits des femmes. Partout dans le monde, des femmes descendent dans la rue. Depuis quelques années les syndicats appellent à cette journée de grève pour dénoncer les inégalités salariales, le harcèlement au travail et toutes les violences auxquelles les femmes sont confrontées. En Espagne avec cinq millions de grévistes ce 8 mars 2018 est déjà qualifié d’historique.

De la grève générale des femmes en Espagne à un « marathon » féminin dans un ancien fief du groupe État islamique en Irak, de nombreux événements et manifestations ont marqué ce jeudi 8 mars dans le monde

Mais, vu sous ce prisme d’une journée (qu’elle soit historique ou pas) ou même d’un mois pour parler des droits des femmes à l’égalité, le compte n’y est pas. Que se passe-t-il pendant les 334 jours qui restent sur une année ? Comme l’affirmait Najat Vallaud-Belkacem l’ancienne ministre des droits des femmes : « … Nous aurons réussi lorsque la journée internationale pour les droits des femmes n’aura plus de raison d’être ou plutôt, lorsque ce sera tous les jours le 8 mars. »

Il y a pourtant toujours urgence pour les droits des femmes, pour lutter contre les féminicides et toutes sortes de violences. Il y a urgence aussi pour les femmes qui, au risque de leur vie, militent et luttent pour faire advenir ces droits. Dans un rapport rendu public lundi 5 mars Reporters sans frontières (RSF) dénonce les risques pris par les journalistes qui enquêtent sur les droits des femmes dans le monde.

Au Brésil, l’assassinat de Marielle Franco, élue noire, fait descendre des milliers de Brésiliens dans les rues. Elle représentait l’espoir pour les communautés noire et LGBT.

Alors, sans remettre aux calendes grecques les changements, voici 150 dates pour célébrer les droits des femmes tout au long de l’année.

Pour apporter notre contribution à ces célébrations, nous poursuivons, comme nous le faisons régulièrement dans nos newsletters, notre engagement à rendre visibles des femmes qui restent ignorées. Voici quelques liens qui vous permettrons de faire connaissance avec elles :

En prenant ce parti de lutter contre l’invisibilité des femmes nous souhaitons ouvrir des espaces de pensées qui participeront d’une réelle égalité femmes / hommes. Quand on lit l’article « Ce qu’évoque le mot « femmes » à mes élèves de primaire lorsque je l’écris au tableau… » on voit qu’il y a encore du travail à faire et la journée du 8 mars va nous accompagner encore un moment.

A l’occasion du 8 mars 2018, le gouvernement a dévoilé l’intégralité de son plan en faveur de l’égalité entre  femmes et hommes.

Pour suivre, le projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles sera présenté le 21 mars en conseil des ministres. Ce projet de loi a déjà pris du retard puisqu’il devait être présenté le 7 mars. Comme le chantaient les femmes dans la rue « paroles, paroles… » Alors, rendez-vous le 8 mars 2019 !!!

Dans ce contexte, nous pouvons légitimement nous poser la question : quels changements pour les droits des femmes en 2018 ?

 Par exemple, quid de l’Egalité femmes-hommes et de l’égalité salariale dans les entreprises ? Un article pointe que les ouvrières et les employées en sont les grandes oubliées.

Dans un autre article, nous pouvons lire que sur la question de l’égalité salariale un état des lieux s’impose. Julien Bayou, conseiller régional écologiste d’Île-de-France, demande d’ailleurs au juge administratif la divulgation de la liste des entreprises franciliennes sanctionnées.

Pour nous aider à mieux visualiser les inégalités femmes-hommes, un article éloquent dans le monde : Les inégalités femmes-hommes en 12 chiffres et 6 graphiques.

Les femmes sont confrontées à toutes sortes de violence et de maltraitance. Mais, il n’est pas toujours possible de mettre des mots sur ce que l’on ressent ou sur ce que l’on vit :

La maltraitance émotionnelle ? La maltraitance émotionnelle, employée afin d’asseoir son pouvoir et sa domination dans une relation, peut prendre plusieurs formes. Ces signes précurseurs doivent alerter sur la maltraitance émotionnelle.

Les violences conjugales augmentent-elles les soirs de match ? Faut-il craindre une hausse des violences conjugales en ce jour de match PSG-Real Madrid ? Des études lient ce fléau au foot, occultant la part importante des autres facteurs.

« Assise sur son canapé, les yeux rivés sur l’écran de télévision, une femme regarde un match de foot comme si sa vie en dépendait. Apprenant la défaite de son équipe, elle éteint l’appareil, bouleversée. La campagne télévisée chiffre les dégâts: « Personne ne souhaitait la victoire de l’Angleterre autant que les femmes. Les violences domestiques ont augmenté de 38% quand l’Angleterre a été éliminée de la Coupe du monde. »

Les violences sexuelles : “Les agresseurs sexuels sont très généralement des ‘messieurs-tout-le-monde’ ” Quelle est l’étape suivante après Weinstein, #metoo et #balancetonporc ? Celle du bilan, de l’analyse et des propositions.

Noémie Renard, qui anime le blog antisexisme.net, décrypte, dans “Pour en finir avec la culture du viol”, les dysfonctionnements et les préjugés culturels qui forment le terreau des violences sexuelles.

Pour lutter contre les violences faites aux femmes, il faut davantage de moyens financiers et d’actions ciblées pour mieux les accompagner

Et, en Croatie, la Convention d’Istanbul, un traité sur les violences contre les femmes, rencontre de fortes oppositions.

Pour compléter cet édito, nous vous proposons d’aller consulter quelques podcasts :

Les Voix Rebelles Place de la République le 8 mars 2018.

Manifestation du 8 Mars 2018 à Paris avec la Maison des Femmes Thérèse Clerc de Montreuil.

LaMdF-TC accompagne les victimes de violences à Montreuil.

#Balance ton sexisme.

Radio libertaire – émission Femmes libres.

Les clichés des femmes dans la publicité.

L’esprit du mâle avec Raphael Liogier !

Et pour finir courrez voir à la Contrescarpe le spectacle jubilatoire ; ET PENDANT CE TEMPS SIMONE VEILLE !