Violences contre les femmes – La loi vous protège ? #25novembre : ne rien laisser passer

Mais, quelle loi nous protège ?

Celle de 1980, relative à la répression du viol et de certains attentats aux mœurs qui apporte une définition précise du viol :

« Tout acte de pénétration sexuelle de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui, par violence, contrainte ou surprise est un viol » ?

Celle de 1992, relative à l’abus d’autorité en matière sexuelle dans les relations de travail et qui définit le harcèlement sexuel au travail ?

Celle de 2006, qui renforce la prévention et la répression des violences au sein du couple ou commises contre les mineurs renforce également la prévention et la lutte contre le mariage forcé en alignant l’âge légal du mariage pour les filles sur celui des garçons à 18 ans;

Celle de 2010, celle de 2016 …

La liste des lois est longue, mais aussi celle des multiples campagnes lancées par les pouvoirs publics.

La consultation du tableau vous éclairera.

Mais à quoi peuvent bien servir toutes ces lois, toutes ces campagnes, puisqu’en matière de violences faites aux femmes ces mesures n’ont eu que très peu d’effets ? Alors, que faire ? Et bien recommencer, encore et toujours, les mêmes annonces. C’est ainsi qu’en mars 2017, la lutte contre les violences faites aux femmes est déclarée « Grande cause régionale » par la présidente de la région Île-de-France. En janvier 2018, soit dix mois plus tard, ça bougerait en Île-de-France ?

Les « frotteurs » dans les transports en commun, c’est fini, ou presque ? Sur Twitter le 11 janvier 2018, la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, annonce ou plutôt confirme ce qu’elle avait déjà annoncé en mars 2017, c’est-à-dire le lancement « d’une campagne d’alerte » contre « les frotteurs et les harceleurs des transports en commun », à travers un numéro dédié (tel/sms) 31117 et une application consacrée aux phénomènes de harcèlement.

Plus exactement, elle annonce que la région « lancera » (l’emploi du futur est intéressant) une campagne d’alerte pour lever l’omerta contre les frotteurs et les harceleurs des transports en commun. Son tweet se termine sur cette phrase « grandiose » : « La sécurité des femmes, ça nous concerne ! ». Nous n’en n’attendions pas moins d’une élue qui proclamait lors de la campagne pour les élections régionales qu’il n’y avait « rien de tel qu’une femme pour faire le ménage ».

En attendant, le lancement de cette campagne , ses effets ainsi que l’arbitrage du gouvernement, voici une modeste proposition pour mettre fin à la misère sexuelle.

Que répondre à des lycéennes qui se révoltent contre le harcèlement sexuel qu’elles vivent au quotidien ? « Ne vous inquiétez pas, la Présidente de la région Île-de-France s’en occupe ? »

En matière d’inégalité salariale, autre violence faite aux femmes – sans oublier d’évoquer le harcèlement sexuel au travail , là aussi, combien de lois ont été promulguées sans qu’elles soient appliquées par les employeurs ?

L’actualité immédiate dans ce domaine, c’est l’interview de Marlène Schiappa, Secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les femmes et les hommes invitée sur France Inter le 29 janvier dernier. A propos de l’inégalité salariale entre les femmes et les hommes, le journaliste qui l’interviewe sait ce qu’il faut faire : « Pourquoi vous ne faites pas voter, une fois pour toute, une loi pour interdire cette inégalité ? » lui assène-t-il. C’est si simple ! Il suffisait d’y penser !

La réponse de La Secrétaire d’Etat ouvre sur beaucoup plus de complexité. Elle précise qu’en France, payer une femme moins qu’un homme est interdit depuis les années 80. La loi existe mais elle n’est pas appliquée. C’est d’ailleurs le premier défi auquel elle veut se consacrer en 2018 (voir notre revue de presse du 15 janvier 2018).

Le principe « à travail égal, salaire égal » est inscrit dans la loi depuis 1972. Dix ans plus tard, toujours pas d’évolution notable puisque la ministre des droits de la femme de l’époque, Yvette Roudy, estimait qu’il y avait encore « des discriminations flagrantes et pour les réduire il faut attaquer sur tous les terrains « . Alors en 1983, la loi Roudy sur l’égalité professionnelle était instaurée pour lutter contre les inégalités de salaire et d’accès à l’emploi.

D’autres lois vont suivre, comme la loi Génisson en 2001. En 2005, rien n’a évolué, ou presque, alors Nicole Ameline, ministre de la parité et de l’égalité professionnelle se fixait cinq ans pour réduire « totalement » les écarts salariaux. En 2006, l’entrée en vigueur de la loi sur l’égalité salariale entre les femmes et les hommes donnait un délai de cinq ans aux entreprises pour combler les retards. En 2018, qu’est-ce qui a changé ? Rien, puisque dans ses défis pour 2018, la Secrétaire d’Etat se pose toujours la question de savoir comment imposer cette égalité femmes / hommes en matière de salaire. (Revue de presse féministe Mdf TC du 15 janvier 2018). Pourtant, Yvette Roudy a tout dit ou presque sur la question de l’égalité femmes / hommes mais pas que pour les questions salariales. Elle parle également de la question du sexisme et de celle du féminisme dans les interviews que vous pourrez lire en suivant les liens suivants.

Presqu’une blague… Le Haut Comité de Gouvernement d’Entreprise qui supervise le Code de Gouvernance Afep/Medef, qui promeut la parité dans les Conseils d’administration fait très fort : Sur ses huit membres, une seule femme…

Dans notre actualité, nous vous proposons plusieurs sujets sur les inégalités salariales souvent liées au sexisme ambiant. Des femmes journalistes, dénoncent les inégalités salariales auxquelles elles sont confrontées.

Les carrières précaires, où les femmes sont deux fois plus touchées que les hommes.

Nous mettons également en lumière le sexisme dans le sport,  dans le monde scientifique

En matière de sexisme, nous vous proposons aussi la lecture d’un article qui concerne l’enseignement moral et civique dispensé dans les manuels scolaires. Si la grande ambition de notre société est d’atteindre l’égalité femmes / hommes pour éradiquer toutes les violences faites aux femmes alors, nous ne le dirons jamais assez, commençons par éduquer les garçons et les filles au respect de l’autre et à l’égalité.

Un article dans le magazine 50/50 de novembre 2017 propose un état des lieux quant aux violences faites aux femmes au travail : des chiffres et des lois. En 2007, l’enquête INSEE montrait que 25% des agressions sexuelles et 4,7% des viols dont les femmes sont victimes se sont produits sur leur lieu de travail. Des chiffres inquiétants…  Revenons sur les enquêtes de cette dernière décennie et sur le cadre juridique français pour tenter d’expliquer un phénomène enfin au cœur des débats.

Malgré toutes les difficultés et les violences auxquelles se heurtent les femmes, elles ne lâchent rien. Plusieurs initiatives nous le montrent :

Regardons loin, au Niger, où les femmes représentent plus de la moitié des 20 millions d’habitants : « entreprendre, c’est un vrai défi” explique Aïcha Macky, l’ambassadrice de l’Oasis, un centre dédié à la promotion de l’entreprenariat féminin.

Au Caire, sur la place Tahrir: les femmes égyptiennes résistent, le dos courbé, mais le poing levé.

Plus près de nous, des mères s’appuient sur leur savoir-faire culinaire pour lutter contre les violences.

Des montreuilloises agissent et n’hésitent pas à traverser les océans pour aller à la rencontre des brésiliennes victimes de violence.

Des militantes d’Osez le féminisme interpellent les sénateurs sur les violences contre les mineur.e.s.

Une illustratrice se sert de ses crayons pour déconstruire les stéréotypes de genre chez les enfants.

Même les hommes s’y mettent, un photographe libanais détourne des pubs sexistes vintage en inversant les rôles.

 Raphaël Glucksmann, directeur de la rédaction du Nouveau Magazine Littéraire, et Michel Hazanavicius, réalisateur s’engagent pour l’égalité.

« Violences contre les femmes – la loi vous protège » peut-être ?

Permettez-nous d’en douter lorsqu’il est question pour une femme victime de violences sexuelles de dénoncer son agresseur. Pourquoi est-ce si difficile de reconnaître qu’une femme qui porte plainte pour violences le fait car elle a été victime de tels actes ? C’est un sujet récurrent dans nos newsletters. Mais, le chemin sera encore long, trop long, avant que toutes les suspicions tombent et que disparaissent les qualificatifs d’affabulatrices, d’accusatrices, de menteuses.

« La sécurité des femmes, ça nous concerne ! » disent haut et fort certaines élues. Alors, agissez pour le droit des femmes à ne plus vivre dans l’insécurité et la violence dans tous les domaines de leur quotidien. Aucun homme ne peut désormais ignorer la portée de certains actes.

Pour terminer cet édito des histoires de femmes : Amy PURDY une sportive que rien n’arrête malgré un handicap majeur.

 Betty BOOB, une femme qui surmonte un cancer du sein.

Des femmes qui ont révolutionné l’informatique moderne.

Et, Fifi Brindacier, une petite fille libre, féministe de bande dessinée que les plus anciennes d’entre nous retrouverons avec joie et que les nouvelles générations vont découvrir. « En Suède, Fifi Brindacier, est considérée comme une icône féministe. Libre, indépendante, puissante, la jeune héroïne «anarchiste en camisole de force» remet en cause les rapports de pouvoir entre adultes et enfants, entre garçons et filles. »