« Ecole, avenir, sexisme… à quoi pensent les petites filles ? » Le titre en couverture, de L’Obs du 2 au 8 novembre 2017 et les propos des fillettes interviewées sonnent comme un engagement pour toutes les féministes à continuer à leur construire un monde où l’égalité femmes / hommes sera devenue réalité, un monde dans lequel elles pourront vivre sans craindre d’être exposées aux violences de toutes sortes.

Déjà dans les années 60, 70, en France, des femmes et des hommes, se sont retrouvés pour ouvrir la voie à la libération des femmes.

  • Lucien Neuwirth, député de la Loire et proche du Mouvement français pour le planning familial est à l’origine de la légalisation de la contraception votée en décembre 1967. Cette loi amorcera celle sur l’interruption volontaire de grossesse.
  • Gisèle Halimi avocate et militante féministe. En octobre et novembre 1972, elle défend une jeune femme mineure qui a avorté après un viol et quatre femmes majeures jugées pour complicité ou pratique de l’avortement. Ce procès contribuera à l’évolution et à la dépénalisation de l’avortement en France. En 1978, Gisèle Halimi défend, au nom du collectif « Choisir la cause des femmes », deux jeunes filles violées par plusieurs hommes ; ce procès sera à l’origine d’une nouvelle loi relative à la répression du viol et de certains attentats aux mœurs (22 décembre 1980). (Voir le film « Le viol » d’Alain Tasma)
  • Simone Veil et sa loi sur l’Interruption Volontaire de Grossesse en 1974.
  • N’oublions pas que c’est sur la pression des féministes du MLF et du MLAC que Simone Veil a déposé ce projet de loi tout comme aujourd’hui les mouvements féministes interpellent les pouvoirs publics. au sujet des violences sexistes.

Si ces acquis ont participé de la libération des femmes, ils restent toujours fragiles, particulièrement pour l’IVG et ils n’ont pas fait cesser les violences envers les femmes ni fait avancer l’égalité femmes/hommes de façon significative.

La lecture des articles de presse de ces dernières semaines montre que tout reste à faire pour éradiquer ces violences.

Violences sexuelles, harcèlement moral, violences sexuelles au travail… La liste est longue des violences auxquelles les femmes sont exposées sans oublier les humiliations et les violences qu’elles subissent dans les commissariats lorsqu’elles trouvent le courage d’aller dénoncer leurs agresseurs (conjoints, ex-conjoints, collègues de travail, petits chefs et grands chefs, entourage familial et amical …).

Depuis « l’affaire Weinstein », nous assistons à un raz-de-marée de dénonciations des violences subies par les femmes et plus particulièrement sur les réseaux sociaux. Mais, que l’on ne s’y trompe pas, ces témoignages de femmes connues peuvent faire illusion et faire oublier la majorité des femmes anonymes qui subissent des violences à différents degrés.

Après un grand silence assourdissant, à la radio, à la télévision, sur internet, les émissions sur les violences conjugales, sur le harcèlement au travail, sur le viol n’ont jamais occupé autant d’espace d’antenne ces dernières semaines. C’est tant mieux, mieux vaut tard que jamais ! mais, pourquoi ne parle-t-on pas du travail de terrain effectué depuis des décennies par des femmes qui, organisées en associations, dénoncent l’ensemble de ces violences sans que leurs voix ne soient entendues et surtout sans qu’elles ne soient prises au sérieux.

Encore une fois, la chanson d’Anne Sylvestre « C’est pas un drame, c’est juste une femme » illustre bien cette surdité.

Comme à l’habitude, nos élu-e-s, nos ministres y vont de leur petite musique opportuniste pour dénoncer, déplorer les situations de violences faites aux femmes et assurer « qu’il faut que ça change !!! ».

Dans la foulée, la secrétaire d’Etat à l’égalité Femmes/Hommes, Marlène Schiappa s’engage en…  proposant de déposer un projet de loi contre les violences sexuelles en…2018.  Espérons que ce ne soit pas qu’une nouvelle promesse !!! Et pourquoi pas une ordonnance !!!

En attendant, le monde va continuer de tourner, et les jours se suivre avec leurs lots de violences sexuelles, de viols, de harcèlement, de meurtres, d’assassinats, de féminicides. Rappelons qu’en France, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint, compagnon, ex conjoint, ex compagnon.

Et pendant ce temps-là, loin des projecteurs, des femmes, des militantes féministes, des blogueuses, les femmes de la Maison des Femmes Thérèse – Clerc vont continuer de lutter, de se révolter, de créer pour permettre aux femmes de vivre dans une société dans laquelle l’égalité femmes /hommes sera devenue réalité et où elles seront libres d’aller et venir sans crainte et sans entraves.

Pour compléter cette lecture voir la newsletter du 6 novembre 2017